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Faire progresser les femmes c’est améliorer la société

Femme entrepreneur, femme de carrière, femme de caractère mais surtout femme libre, Muriel Réus s’est lancée en politique pour porter la voix des femmes dans la campagne présidentielle. Pour les élections législatives, la candidate renouvelle son engagement envers celles-ci et développe un programme sur-mesure en faveur de l’égalité femmes-hommes.

 

 

Une carrière en entreprise, une parenthèse humanitaire, plusieurs entreprises créées avec succès, et désormais un engagement politique pour les législatives : vous êtes un exemple de parcours féminin brillant. Pensez-vous que les femmes ont aujourd’hui les mêmes chances que les hommes de réussir ?

Je pense que oui, heureusement et grâce au travail effectué par des femmes précurseurs qui nous ont ouvert les portes de la liberté : Elisabeth Badinter, Simone Veil mais aussi Françoise Sagan pour ne citer qu’elles. Elles ont préparé le terrain pour celles qui s’expriment aujourd’hui, et dont je fais partie… La seule chose qui manque aux femmes aujourd’hui c’est la confiance en soi, celle qui fait qu’on ose se lancer, et dire, quel que soit le milieu ou le secteur, « j’y vais ! ».

Quelle est la bonne méthode selon vous pour aller vers la parité totale ?

Je pense qu’il n’y a rien de tel que des actions concrètes. Je salue par exemple l’initiative de l’association « Jamais sans elles », qui engage les signataires à ne plus accepter qu’une réunion soit organisée sans la présence d’une femme.

Je pense aussi que la bonne méthode consiste à ne pas s’opposer aux hommes mais à leur démontrer l’intérêt qu’il y a de travailler avec des femmes. Je prends pour exemple la loi Coppé-Zimmerman, qui a instauré des quotas de femmes dans les conseils d’administration : de nombreux présidents avec qui je me suis entretenue m’ont confié qu’ils l’avaient appliquée au départ par pure obligation, mais ils ont constaté très vite que la présence des femmes était un réel atout pour améliorer la performance et les relations dans ces conseils. Il est désormais évident pour eux d’intégrer les femmes à toute discussion et décision.

Vous vous êtes engagée en politique pour impliquer les femmes et porter leur cause dans la campagne présidentielle. D’où vous vient cette sensibilité ?

En tant qu’entrepreneur et chef d’entreprise j’ai été confrontée à la difficulté des femmes à mener de front une vie professionnelle, familiale, amoureuse et amicale. C’est très difficile de réussir tout ça en même temps, voire quasiment impossible, moi-même je n’ai pas réussi à tout faire. Je pense qu’il y a encore beaucoup à mettre en œuvre  pour aider les femmes à s’épanouir, et je suis convaincue que tout ce qui améliore la place des femmes dans la société améliore la société elle-même.

Quels sujets souhaitez-vous porter dans cette campagne ?

Les femmes représentent 53% de la population et je suis entrée en politique aux côtés pour leur donner un terrain d’expression dans la campagne présidentielle. J’ai ainsi créé un mouvement de femmes de toutes générations et de toutes cultures, qui m’ont fait remonter leurs préoccupations du quotidien et leurs interrogations sur l’avenir de notre pays. Grâce à elles, j’ai rédigé un programme articulé autour de la lutte contre les violences faites aux femmes, la protection des enfants et l’égalité femmes-hommes et les familles monoparentales.

Quel sujet vous tient le plus à cœur ?

La situation des familles monoparentales me préoccupe au plus haut point. On en compte 1,7 millions en France, 85% ont à leur tête une femme qui élève seule ses enfants. Une situation pas toujours choisie qui entraîne de nombreuses difficultés économiques et sociales. J’estime que ces familles méritent d’être prises en compte, reconnues et mieux accompagnées. Je proposerais pour les aider de leur garantir un accès prioritaire aux crèches et logements sociaux. Je souhaiterais aussi créer une plateforme de mise en relation entre seniors bénévoles et mamans isolées afin de les aider dans la gestion du quotidien pour les sorties d’école et l’aide aux devoirs par exemple… Agir et donner un peu de son temps quand on le peut relève selon moi de la responsabilité citoyenne.

Quelles mesures en faveur des femmes souhaiteriez-vous voir votées en priorité si vous étiez élue à l’Assemblée ?

Pour protéger les enfants, je souhaite faire de la non-assistance à mineur en danger une circonstance aggravante du délit de non-assistance à personne en danger. Là encore prendre la parole, refuser la loi du silence, relève selon moi du devoir de citoyen. Ce projet de loi est porté par isabelle Debré, Vice-présidente du Sénat, avec qui j ai travaillé durant cette campagne, il a été signé par plus de 150 sénateurs. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour le soutenir.

Pour les femmes victimes de violences, je souhaiterais développer l’hébergement d’urgence, mais aussi et surtout veiller à ce qu’elles puissent réintégrer leur logement le plus vite possible et en exclure le conjoint violent. Je souhaite également qu’il y ait un référent formé dans chaque commissariat de police ou gendarmerie pour accueillir les femmes qui viennent porter plainte pour agression sexuelle ou viol.

Pour l’égalité femmes-hommes, je propose de labelliser toutes les entreprises qui respectent la parité. Ceci permettra de faire progresser les mentalités et d’attirer les nouvelles générations : les jeunes actifs sont en effet devenus très attentifs à l’équilibre vie professionnelle et vie privée et veulent rejoindre une communauté de valeurs, l’égalité doit faire partie de cette communauté de valeurs.

Quel regard portez-vous sur le milieu politique en tant que femme ? Est-il plus difficile de se faire un chemin en politique que dans l’entreprise ?

C’est toujours difficile en politique. Les femmes progressent moins vite, tout simplement parce qu’on ne leur ouvre pas les portes. Elles sont pourtant nombreuses à vouloir y aller, je croise depuis deux ans des femmes formidables qui sont prêtes à jouer leur rôle, mais la logique d’appareil et les luttes d’ego rendent les places difficiles à conquérir.

Quelle mesure proposeriez-vous pour faire progresser le nombre de femmes élues ?

Au-delà du non-cumul des mandats, je pense qu’il faut limiter la durée et la succession des mandats, car l’espace politique ne se renouvelle pas suffisamment : l’assemblée a besoin de femmes, qui plus est de femmes issues de la société civile ! Je suis aussi pour une augmentation des amendes infligées aux partis pour non-respect de la parité. J’aimerais surtout que ce soient les hommes qui ouvrent les portes et qu’ils soient convaincus des atouts de la mixité.

Quels sujets porterez-vous en particulier pour les femmes de la 4e circonscription des Français de l’étranger ?

L’éducation, le nombre de places dans les lycées français, le coût des études, la fiscalité, la santé, les retraites, la dépendance, le retour en France, l’aide à l’implantation et à la création d’entreprises sont les préoccupations majeures des Français de l’étranger que je souhaite adresser.

Je veux aussi représenter les intérêts des femmes établies hors de France. Parfois, celles-ci viennent travailler en Belgique, aux Pays-Bas ou au Luxembourg, dans d’autres cas elles suivent leur conjoint. Certaines ont le statut d’expatriées, d’autres non. Je serai à l’écoute des besoins de chacune et force de proposition à l’Assemblée nationale pour que chaque situation soit prise en compte. Je m’engage à soutenir tous les français et notamment les femmes qui vivent hors de France.

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